La grande finale du concours de l’Eurovision aura lieu samedi à 21h pétante. Comme chaque année depuis des lustres maintenant, c’est sur France 3 que ça se passe. Le briefing précédant la compétition, c’est maintenant, et c’est noté !
La présentation : 1 points
Cette année, pour nous gâcher la fête, France 3 a décidée d’aligner Mireille Dumas et Cyril Féraud. Entre le charisme de bulot du jeune homme et le légendaire côté bout-en-train de madame, samedi soir, mieux vaudra couper le son entre chaque tour de chant pour éviter toute défenestration. Ce n’est pas comme si cela faisait des années que la chaîne s’acharne à tuer ce petit regain d’intérêt en France pour ce show kitsch et à vouloir faire fuir ce public prêt à se payer une franche partie de rigolade.
Pour rappel, l’an dernier, Laurent Boyer et Catherine Lara était derrière le micro, et bon nombre de vocations d’alcooliques ont dû éclore ce soir là pour oublier ce triste numéro.
Le lieu : 3 points
La tradition est ainsi faite, le grand vainqueur paye la prochaine tournée. L’Azerbaïdjan en sera alors pour ses frais. Il faut le savoir, organiser un tel événement coûte une petite fortune, et dans un tel pays, ceux qui payent la note, ce sont les petites gens. Certaines mauvaises langues aiment à raconter que France 3 choisirait sciemment des ratés, comme un Jessy Matador pour ne citer que lui, pour être certain de ne jamais avoir à financer cette coûteuse entreprise… Hou, les mauvaises !
Plus sérieusement, les retombées seront minimes et le coup de projecteur porté sur ce petit pays ne fera même pas avancer la lutte pour les Droits de l’Homme si souvent malmenés dans la région, comme s’en inquiète Amnesty International. C’est bien simple, les organisateurs de l’Eurovision qui s’étaient engagés à soutenir la liberté d’expression dans le pays sont, à quelques jours du grand spectacle, atteints de cécité et de surdité. La répression sévit et eux se taisent. Show must go on, et puis c’est tout.
Et sans vouloir charger la barque afin qu’elle ne déborde, c’est pas franchement la porte à côté l’Azerbaïdjan, les dingues d’Eurovision se contenteront d’un plateau télé dans leur canapé pour profiter du spectacle.
Le favori : 12 points
Cette année, le favori est une favorite. Et je vous le donne en mille, ce n’est pas la représentante française, dingue, non ? Non, celle que les experts en pronostics bancals de l’Eurovision voient remporter cette édition 2012 est la jeune suédoise Loreen. Rien de nouveau sous le verglas de la Baltique, de la pop ultra efficace telle que les scandinaves et plus particulièrement les suédois savent en produire à la chaîne.
Pour ne rien vous cacher, c’est aussi notre candidate coup de cœur. Saura-t-elle briser la malédiction qui envoie tous les favoris au tapis ? Ce ne serait que justice, mais la partie sera rude face à l’éternelle coalition des pays de l’Est.
Le retour des Jedward : 6 points
Jedward c’est quoi ? Deux frères jumeaux rendus célèbres par leur ridicule et la faiblesse de leurs prestations vocales lors de l’édition 2009 de X Factor au Royaume-Uni, puis un passage dans Celebrity Big Brother. Depuis, deux albums ont vu le jour, Planet Jedward et Victory, aucun n’ayant trouvé public assez dérangé du ciboulot pour l’acquérir. Néanmoins, forts d’une fanbase réelle, leurs apparitions font toujours sensation.
Afin de promouvoir leur deuxième album, John et Edward ont sauté sur l’occasion de se présenter à l’Eurovision pour le compte de leur chère patrie irlandaise. Et l’idée était loin d’être dénuée de bon sens ! Kitschissimes à mort, le duo est le cliché ultime du candidat à l’Eurovision ! Annoncés comme de potentiels vainqueurs avec leur entêtant Lipstick, les deux frères furent douchés lorsque le résultat tomba : sixièmes ! Alors qu’on les pensait depuis retournés vendre des bières dans un pub gay, les voilà qui resurgissent de nulle part pour retenter leur chance cette année encore.
Niveau musique, la bubble pop est toujours de la partie, peut être un peu moins puissante que le titre de l’an dernier mais pas mauvais pour autant, et scéniquement, on prend les mêmes et on recommence. Ils nous proposent une sorte de grand bordel agrémenté de quelques pas chorégraphiés en mode miroir, restant ainsi fidèles à eux-mêmes. Notre verdict sur leur cas : une idée qui semble bonne au départ mais qui risque de faire pschitt, à l’instar de l’Allemande Lena ou bien l’Israélienne Dana International. Malgré le capital sympathie qu’on leurs reconnaît bien volontiers, on n’espère pas un « jamais deux sans trois », il faut savoir passer à autres choses les gars.
La France : 10 points
Pour contrebalancer le boulet que représente ce duo d’animateurs plus qu’improbable, France 3 a su faire vibrer la fibre d’amour qui lie la belle et douce Anggun à la France et la convaincre de s’engager dans une bataille perdue d’avance. Ou bien les chiffres de ventes catastrophiques (14 000 exemplaires écoulés) de son dernier album Échos sorti dans l’indifférence générale, additionnées à celles calamiteuses (8 600 passages en caisse) de l’album précédent encore, Élévation, l’auront décidée à ce sacrifice. Il faut reconnaître que le titre est entraînant, dansant et mêle intelligemment la langue de Molière à celle de Shakespeare.
Pour autant, nous ne nous bercerons pas d’illusions, on nous a déjà fait le coup avec Patricia Kaas qui devait survoler la compétition ou encore Amaury Vassili qui devait lui sortir son épingle du jeu et s’approcher du podium. Cette année, notre bonne résolution est de ne plus prendre nos rêves pour des réalités. Anggun ne gagnera pas. P.S. : Paco Rabanne a pris possession de mon esprit et de mon corps, cela arrive de temps en temps.




